{"id":232,"date":"2022-09-01T16:35:00","date_gmt":"2022-09-01T14:35:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.re-peres17.fr\/?p=232"},"modified":"2024-10-12T17:16:15","modified_gmt":"2024-10-12T15:16:15","slug":"charente-maritime-quand-la-separation-fragilise-le-droit-a-etre-pere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.re-peres17.fr\/index.php\/2022\/09\/01\/charente-maritime-quand-la-separation-fragilise-le-droit-a-etre-pere\/","title":{"rendered":"Charente-Maritime\u00a0: quand la s\u00e9paration fragilise le droit \u00e0 \u00eatre p\u00e8re"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"500\" src=\"https:\/\/www.re-peres17.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Charente-Maritime-quand-la-separation-fragilise-le-droit-a-etre-pere.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-233\" srcset=\"https:\/\/www.re-peres17.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Charente-Maritime-quand-la-separation-fragilise-le-droit-a-etre-pere.jpg 1000w, https:\/\/www.re-peres17.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Charente-Maritime-quand-la-separation-fragilise-le-droit-a-etre-pere-300x150.jpg 300w, https:\/\/www.re-peres17.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Charente-Maritime-quand-la-separation-fragilise-le-droit-a-etre-pere-768x384.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><br>L\u2019association Re-p\u00e8res 17 accompagne des papas qui veulent r\u00e9tablir un lien avec leurs enfants apr\u00e8s une s\u00e9paration conflictuelle. \u00a9 Cr\u00e9dit photo : Illustration Shutterstock<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Par S\u00e9verine Joubert &#8211; s.joubert@sudouest.fr<\/p>\n\n\n\n<p><strong>N\u00e9e \u00e0 Saintes il y a deux ans, l\u2019association Re-p\u00e8res 17 accompagne les p\u00e8res \u00e9loign\u00e9s de leurs enfants \u00e0 cause d\u2019un conflit avec la m\u00e8re. Christophe, Samuel et Nicolas racontent comment du jour au lendemain leur place de p\u00e8re s\u2019est d\u00e9lit\u00e9e jusqu\u2019au doute, parfois la r\u00e9signation.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ils sont trois p\u00e8res \u00e0 avoir tenu \u00e0 partager leur exp\u00e9rience. Ils auraient pu \u00eatre plus nombreux si leur emploi du temps leur avait permis. Ils ont en commun d\u2019\u00eatre en conflit avec leurs anciennes compagnes et d\u2019\u00eatre \u00e9loign\u00e9s de leurs enfants.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils sont accompagn\u00e9s par l\u2019association Re-p\u00e8res 17, qui propose un soutien \u00e0 la parentalit\u00e9 pour les p\u00e8res s\u00e9par\u00e9s et milite pour une \u00e9galit\u00e9 hommes-femmes. Christophe, Samuel et Nicolas ont int\u00e9gr\u00e9 le premier groupe de parole, en mars 2022. Ils t\u00e9moignent pour \u00ab&nbsp;casser les pr\u00e9jug\u00e9s, dire voil\u00e0 comment \u00e7a se passe vraiment et faire \u00e9voluer la soci\u00e9t\u00e9&nbsp;\u00bb. Paroles recueillies.<\/p>\n\n\n\n<p>Nicolas, 40&nbsp;ans, est papa d\u2019une petite fille d\u2019aujourd\u2019hui 5&nbsp;ans. \u00c0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2020, la m\u00e8re de la petite d\u00e9cide de partir. L\u2019ambiance dans le couple \u00e9tait mauvaise, Nicolas ne lutte pas. Il pense alors que la s\u00e9paration peut se faire relativement bien. L\u2019enjeu est que leur petite fille vive la situation au mieux. Mais tr\u00e8s vite, Nicolas est mis devant le fait accompli des d\u00e9cisions prises par son ex-compagne. La premi\u00e8re d\u2019entre elles est d\u2019inscrire la petite dans une autre \u00e9cole que celle du domicile, o\u00f9 elle devait faire sa rentr\u00e9e en maternelle. Son ex-compagne s\u2019installe \u00e0 30&nbsp;kilom\u00e8tres de l\u00e0, \u00e0 Rochefort.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00c9viter les d\u00e9sillusions<\/h2>\n\n\n\n<p>Une r\u00e9sidence altern\u00e9e est mise en place pendant trois semaines. Mais devant le juge, la m\u00e8re de famille demande la garde principale. \u00ab&nbsp;Le juge est all\u00e9 dans le sens de la m\u00e8re&nbsp;\u00bb, livre Nicolas. Comme ses compagnons d\u2019infortune, il d\u00e9nonce une justice qui, quand elle n\u2019est pas trop lente, part du principe que la garde va \u00e0 la m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Les documents attestant que Nicolas a fait appel \u00e0 une nounou et s\u2019est organis\u00e9 ne convainquent pas le magistrat. \u00ab&nbsp;\u00c7a m\u2019a d\u00e9moli pendant un an. \u00c7a a entra\u00een\u00e9 des difficult\u00e9s dans mon travail.&nbsp;\u00bb Des sentiments de \u00ab&nbsp;col\u00e8re, de d\u00e9go\u00fbt, plein de choses&nbsp;\u00bb submergent alors le jeune papa, en proie au doute. Jusqu\u2019\u00e0 ne plus savoir s\u2019il peut l\u00e9gitimement demander \u00e0 l\u2019\u00e9cole un dossier qui concerne sa fille, en souffrance psychologique.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est au sein du groupe de parole de l\u2019association Re-p\u00e8res 17 qu\u2019il trouve la r\u00e9ponse aupr\u00e8s d\u2019un autre p\u00e8re. \u00c9videmment que oui. Nicolas a l\u2019autorit\u00e9 parentale. Paralys\u00e9 par les \u00e9motions, t\u00e9tanis\u00e9 par les retours de b\u00e2ton de telle ou telle initiative, Nicolas ne sait plus. Les textos, les mails\u2026 \u00ab&nbsp;Je fais toujours attention \u00e0 comment je r\u00e9ponds, aux tournures de phrase.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Deux ans apr\u00e8s la s\u00e9paration, et \u00ab&nbsp;gr\u00e2ce&nbsp;\u00bb \u00e0 une expertise psychologique, Nicolas obtient d\u2019avoir sa fille \u00ab&nbsp;trois week-ends par mois. Je ne sais pas si c\u2019\u00e9tait parce qu\u2019il \u00e9tait un homme ou parce que c\u2019\u00e9tait sa personnalit\u00e9 mais le juge a \u00e9cout\u00e9 la petite qui voulait voir plus son papa. Je ne vais pas trop me plaindre. J\u2019ai appris \u00e0 g\u00e9rer la situation&nbsp;\u00bb, confie Nicolas. En prenant connaissance d\u2019autres cas \u00ab&nbsp;pires&nbsp;\u00bb, il relativise. Le quadrag\u00e9naire esp\u00e8re toujours obtenir la r\u00e9sidence altern\u00e9e mais s\u2019emp\u00eache de se projeter pour \u00e9viter les d\u00e9sillusions.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00ab&nbsp;En pilote automatique&nbsp;\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>Chat \u00e9chaud\u00e9 craint l\u2019eau froide. Christophe, 46&nbsp;ans, s\u00e9par\u00e9 depuis plus d\u2019un an, n\u2019a plus de nouvelles de ses trois gar\u00e7ons de 5&nbsp;ans, 11&nbsp;ans et 14&nbsp;ans depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e. Il joue la transparence&nbsp;: trois tentatives de suicide, la premi\u00e8re \u00e0 cause du boulot. Les deux autres, depuis la s\u00e9paration. Son ancienne compagne l\u2019emp\u00eache, par divers moyens, de voir les enfants. En juillet 2021, le juge accorde des rencontres avec ses fils mais uniquement en \u00ab&nbsp;point rencontre&nbsp;\u00bb. L\u2019humiliation. \u00ab&nbsp;J\u2019ai \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 comme un d\u00e9linquant. M\u00eame les mecs en prison, ils peuvent voir leurs enfants.&nbsp;\u00bb Depuis, Christophe a fait appel \u00e0 Re-p\u00e8res 17 apr\u00e8s avoir tap\u00e9 sur Google \u00ab&nbsp;Papa en col\u00e8re&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;L\u00e0, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e9cout\u00e9.&nbsp;\u00bb Christophe garde la t\u00eate hors de l\u2019eau gr\u00e2ce au sport et \u00e0 la m\u00e9ditation. Il bouillonne mais il tient bon. Logiquement, il doit rencontrer ses fils dans quelques jours, plus d\u2019un an apr\u00e8s la d\u00e9cision du juge. \u00c0 l\u2019approche de la date, Christophe est f\u00e9brile. Il a peur que ce soit annul\u00e9. Il sait aussi que le temps qui passe joue contre lui, contre les liens avec ses enfants.<\/p>\n\n\n\n<p>Autre combat que celui men\u00e9 par Samuel, 41&nbsp;ans, s\u00e9par\u00e9 depuis onze ans et p\u00e8re deux filles de 12 et 15&nbsp;ans. \u00ab&nbsp;Le plus simple, ce serait de laisser tomber, de laisser les enfants tranquilles. Mais je ne me sens pas capable de \u00e7a. Quand elles seront dans la merde, je serai l\u00e0 et je continue \u00e0 \u00eatre l\u00e0. Je n\u2019ai plus trop go\u00fbt \u00e0 la vie, je bosse, je suis en pilote automatique. Il manque un truc \u00e0 la vie.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 Nicolas et Christophe, Samuel a connu des ann\u00e9es plus sereines. Huit ann\u00e9es de r\u00e9sidence altern\u00e9e. Avec le recul, il analyse&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je disais oui \u00e0 tout.&nbsp;\u00bb Le conflit entre les deux parents na\u00eet quand Samuel s\u2019installe avec sa nouvelle compagne. Les reproches sur leur mode de vie fusent. De graves accusations, bien que sans suites, ab\u00eement durablement les relations. Et alors que Samuel voyait r\u00e9guli\u00e8rement ses filles, il doit actuellement se contenter d\u2019un week-end sur deux avec sa deuxi\u00e8me. L\u2019a\u00een\u00e9e&nbsp;? Le lien est maintenu gr\u00e2ce aux messages, quand bien m\u00eame ils s\u2019av\u00e8rent tr\u00e8s \u00e2pres. Depuis quelques mois, son ex-compagne s\u2019est install\u00e9e en Charente. Lui aussi est mis devant le fait accompli. \u00ab&nbsp;La deuxi\u00e8me a chang\u00e9 quatre fois d\u2019\u00e9cole en cinq ans&nbsp;\u00bb, dit-il, impuissant.<\/p>\n\n\n\n<p>Samuel interroge tout un chacun sur la place des p\u00e8res dans tout \u00e7a. Pourquoi sont-ils mis si \u00ab&nbsp;naturellement&nbsp;\u00bb de c\u00f4t\u00e9 tant par leurs anciennes compagnes, la justice, la soci\u00e9t\u00e9 et m\u00eame les \u00e9tablissements scolaires qui ne s\u2019adressent pas syst\u00e9matiquement aux deux parents. \u00ab&nbsp;On n\u2019est plus au si\u00e8cle dernier&nbsp;\u00bb, appelle \u00e0 se r\u00e9veiller Nicolas. \u00ab&nbsp;On a fait les enfants \u00e0 deux&nbsp;\u00bb, rappelle Samuel.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par S\u00e9verine Joubert &#8211; s.joubert@sudouest.fr N\u00e9e \u00e0 Saintes il y a deux ans, l\u2019association Re-p\u00e8res 17 accompagne les p\u00e8res \u00e9loign\u00e9s de leurs enfants \u00e0 cause d\u2019un conflit avec la m\u00e8re. Christophe, Samuel et Nicolas racontent comment du jour au lendemain leur place de p\u00e8re s\u2019est d\u00e9lit\u00e9e jusqu\u2019au doute, parfois la r\u00e9signation. 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